mardi 2 juin 2009

Quelques idées en passant

Vous vous souvenez de nos petits filleuls? Les 3 lycéens qui nous ont choisis pour les accompagner dans cette année de transition qu'est la terminale. Et bien jusqu'à présent on a pas (trop) failli à notre tâche.
>> Un p'tit resto un midi (damned qu'est ce qu'ils bouffent!) histoire de discuter et mieux faire connaisance.
>> Une après-midi pic-nic (mon dieu quel appétit!!!) / concert en plein air
>> Les journées portes ouvertes des universités de Johannesburg
>> Et, dernière sortie en date, 'Nothing But The Truth" une pièce de thêatre qu'ils étudient cette année et que nous sommes allés voir dimanche après-midi.
L'auteur est John Kani, un sud-africain noir qui joue également dans la pièce. L'histoire se déroule de nos jours : Sipho Makhaya, un libraire de 63 ans qui vit avec sa fille, s'apprête à recevoir les cendres de son frère Themba mort à Londres où il s'était éxilé après être devenu un héro du mouvement anti-apartheid. Le "retour" au pays de Themba, accompagné par sa fille, va faire resurgir les histoires de cette famille et à travers elles l'histoire de l'Afrique du Sud, du mouvement anti-apartheid et de tous ces gens qui ont payé cher leur liberté et qui aujourd'hui attendent encore les retombées positives.
J'ai trouvé cette pièce excellente, un véritable playdoyer très émouvant pour tous ces noirs qui se sont battu contre l'injustice de l'apartheid, souvent au prix de leur vie ou de celle d'un membre de leur famille, qui ont su pardonné à cette minorité de blancs les horreurs qu'on leur a imposé pour reconstruire un pays pacifié et aller de l'avant et qui aujourd'hui n'ont finalement pas beaucoup plus qu'avant ces victoires malgrè les beaux discours des dirigenats de l'ANC...
Certaines tirades ont ému aux larmes des spectateurs, j'avais moi aussi le coeur serré de temps en temps. Pourtant l'ambiance de la pièce n'est pas lourde, il y a beaucoup d'humour et tout même aussi de l'espoir.
Je crois que ça m'a permis de faire un petit pas en avant dans la connaissance de ce pays, de son histoire et de sa situation actuelle. Le fait que tout ces gens ont du mettre de côté leurs ressentiments pour avancer, avec l'espoir d'un avenir meilleur dans leur propre pays est quelque chose qui ne m'avait encore jamais autant frappé. Je comprends mieux comment un système tel que le BEE (Black Economic Empowerment), qui impose aux secteurs privé et public un certain nombre de contraintes en terme d'emploi de noirs notament, a pu voir le jour. Jusqu'à présent, je ne voyais le système que sous l'angle actuel : des contraintes difficiles à suivre car la communauté noire, de manière général, a peu accès à l'éducation et le recrutement du bon profil pour le bon poste s'avère un casse-tête avec parfois pour résultat des incompétents à des postes clès qui décrédibilisent complétement le système et leur communauté par la même occasion... bof bof quoi! Mais, au lendemain de la victoire de Mandela cette mesure était finalement la concrétisation des espoirs de tous gens à qui ont a tant pris, que l'on a tant privé, un juste retour des choses en somme... Malheureusement il ne suffit pas de décréter encore faut-il accompagner et prendre les mesures complémentaires nécessaires! Le débat sur le BEE est vaste et complexe, aujourd'hui je ne suis pas sûre que ce soit efficace mais finalement c'est très récent peut-être faut-il donner plus temps à la société sud-africaine pour réellement absorber et effacer les inégalités entretenues depuis l'arrivée des 1er colons finalement...
Enfin, voilà, quelques idées qui ont traversé ma caboche suite à cette pièce. ça m'a fait un peu bizarre de me dire que les lycéens l'étudient, je me disais que ça doit être dur pour eux de remuer un passé plutôt traumatisant et pas vraiment lointain. C'est assez courageux je trouve!

Nos 3 mectons de terminale quant à eux remplissent aussi leur part du contrat, ils s'intéressent à ce qu'on leur propose, avancent consciencieusement dans les démarches d'inscription à la fac, ont de bons résultats pour l'instant... Ils sont très intéressants, on passe à chaque fois un bon moment avec eux! Ils nous posent parfois des questions marrantes, du genre "Mais pourquoi vous avez pas acheté une Audi au lieu de votre Peugeot? " ou "Vous êtes mariés? Non? Ah ben c'est la différence ici nous ont fait ça dans les règles..." héhé les naifs ne connaissent pas frisson du pêché :)
Bon et sinon dès qu'on aura acheté un cerveau avec l'argent économisé sur la Peugeot par rapport à l'Audi on pensera à prendre l'appareil photo avec nous histoire de vous mettre quelques images et moins de texte... en même temps j'dis ça c'est pour vous hein!!

3 commentaires:

Pauline a dit…

Yop yop !

Ca fait bien plaisir de lire des bonnes nouvelles comme ça !

Tchô les expats !

Pauline.

Béatrice a dit…

Et au fait avec vos filleuls, quel salut as-tu choisi Aurélie? Le hug, la poignée de main compliquée, la bise française, le coucou de loin, la toux systématique, le refaisage de lacet, la danse des canards, le roulage de pelle?

Anonyme a dit…

Pour avoir connu l'expatriation, cela confirme ce que je pensais : on ne peut comprendre l'histoire d'un pays qu'en s'y imprégnant pendant une période assez longue, et en passant du temps avec les locaux.
Belle histoire en tout cas.

Ronan